Coopérative Funéraire Occitane
EtSi on mourait autrement…
Nous sommes un collectif de citoyen.nes qui œuvrons pour remettre l’Humain au cœur des funérailles et pour des pratiques funéraires plus écologiques, plus solidaires, associant artistes, artisans, nouveaux métiers (célébrant.es, thanadoulas…). Nous n’assurons pas nous-mêmes de services funéraires, mais servons de relais vers des des partenaires partageant notre approche. Nous proposons des espaces de rencontres et de partage (cafés/apéros mortels), des ateliers, des évènements (balades, veillées mémorielles), et des plaidoyers (pour des modes de funérailles alternatifs, pour une Sécurité Sociale de la Mort…).
La vie, c’est mortel !
Découvrez nos objectifs et nos actions !
Lever par le dialogue le tabou sur la mort
Créer des espaces-temps sans jugement où parler de la mort librement. On se retrouve autour d’une table pour un apéro ou un café mortel, ou une mortelle causerie. Des moments d’échanges entre bons vivants pour ouvrir la discussion sur la place de la mort dans nos sociétés.
Accompagner la préparation des dernières volontés
Nous accompagnons la préparation de funérailles à travers des ateliers (atelier des dernières volontés, Valise du Dernier Départ) qui ont pour but de faire découvrir l’horizon des possibles et de démystifier le monde du funéraire.
Vers des funérailles éthiques et écologiques
Nous souhaitons contribuer à l’émergence et à la légalisation de pratiques innovantes. Et aussi développer des solutions funéraires éco-responsables dans le cadre de la législation actuelle.
Faire entrer la vie dans les lieux de sépulture
Le cimetière pour magnifier le Vivant.
Le cimetière comme mémoire vivante et comme espace de rencontres et de partages.
Le cimetière et les autres lieux de sépulture comme terreau de nouvelles pratiques mortuaires.
l’association EtSi on mourait autrement
Une initiative citoyenne pour une autre vision de la mort en Occitanie
Une association d'origine citoyenne
Amorcée en avril 2022, l’association « Etsi On Mourait Autrement » – petit nom « la Coopfun » – est une initiative citoyenne dont l’ambition se situe dans le sillage des coopératives funéraires au sein de la FC2F. À la genèse de l’association, en préfiguration d’une coopérative funéraire, nous envisagions de mettre en place des services de pompes funèbres avec des professionnel.les formé.es et labellisé.es.
Notre projet était une SCIC c’est à dire une structure juridique de type coopérative d’intérêt collectif. Nous avions, en ce sens, rencontré les personnes précurseures en France qui avaient ouvert la voie.
À l’automne 2023, la relation avec le pôle funéraire public géré par Toulouse Métropole nous a ouvert d’autres champs des possibles ( cf. Nos actualités)
À partir de 2026, l’association a mis de côté le projet de créer un opérateur funéraire pour se concentrer sur ses activités d’information et de plaidoyer vers des funérailles plus éthiques et écologiques auprès des citoyennes et citoyens d’Occitanie.
Trois objectifs inscrits dans les statuts
Trois objectifs principaux sont inscrits dans les statuts de l’association :
– l’ouverture d’un dialogue citoyen sur la place de la mort dans notre société
– le partage et la diffusion de connaissances sur les aspects culturels, économiques, écologiques, sociaux, psychologiques et techniques de la mort
– l’organisation d’espaces et de temps de parole, d’évènements culturels et de rencontres avec des professionnel.le.s et expert.e.s
Des liens forts avec les professionnel.les du funéraire
Chaque fois qu’une professionnelle du funéraire alternatif est venue « toquer à la porte » de la Coopfun – bien souvent lors de notre permanence mensuelle au Grand Bazar – nous l’avons accueillie en espérant que son entreprise prenne racine au sein de la Coopfun.
À plusieurs reprises, des personnes qui avaient avancé dans cette voie ont fini par renoncer à se lancer dans cet univers des pompes funèbres. Chaque projet ayant atteint des limites toutes singulières.
L’équipe actuelle n’est pas en mesure de proposer de services funéraires tels que ceux proposés par une pompe funèbre. Elle poursuit son action de débat, d’information, de mise en relation avec des professionnel.les et expert.es du funéraire alternatif.
Pourquoi pas nous rejoindre ?
Notre collectif est ouvert, il a besoin de nouvelles personnalités et de compétences. Il prend la forme de ses membres. Rien n’est figé, venez nous rejoindre, soyez les bienvenu.es ! Et en avant vers une émancipation joyeuse et collective !
Pourquoi ils.elles nous ont rejoint ?
L’équipe cœur est composée de 7 personnes.
Chacune ayant rejoint la Coopérative Funéraire Occitane pour des raisons individuelles et/ou collectives.
Dans ce grand bain d’écume qu’est la vie, vivre la fin de vie et le deuil de personnes proches sont des expériences marquantes pour moi comme pour chacune et chacun de nous.
J’ai eu le bonheur de connaître mes 4 grands parents et le privilège de partager des moments joyeux et animés avec Marinette et Jeannot, souvent en voyageant en train car mon grand-père était cheminot. À leur mort, j’étais moi-même maman et embarquée dans une vie professionnelle trépidante. C’est un grave accident de santé qui m’a rappelée à ma propre finitude.Vivre à 50 ans comme si j’en avais 90, quelle expérience !
Tout réapprendre : progressivement et douloureusement. Manger, se laver, se déplacer d’abord du lit au fauteuil et puis, « marcher ». D’abord dans un fauteuil roulant puis avec un déambulateur et pendant plusieurs mois avec une canne. Et puis, revenir sur les plages asturiennes, ramasser des coquillages et griller au soleil. La vie, quoi !
Le deuil et la mort sont des questions à la fois intimes et sociales.
Comment accompagner la mort d’un.e proche et traverser l’épreuve du deuil ? Pourquoi ma mort ne pourrait-elle pas être digne, choisie et accompagnée quand la liberté et l’autonomie ont tenu une place si nécessaire dans ma vie ? Tel était l’état de mes réflexions intimes en initiant ce projet de Coopérative Funéraire.
Quelle place la mort occupe-t-elle au sein de nos sociétés ?
Prendre le temps de penser, prendre le temps de vivre sa vie, de la construire pour l’arrimer à la solidité généreuse de l’amitié.
« Ce qu’un cœur peut dire à un autre dans un message silencieux, en le saluant sans un mot »
D’après Soloviev Vladimir 1892
Mon engagement auprès de la coopérative a marqué un tournant pour moi. J’ai toujours eu la conviction intime que faire un pas vers la mort aide à clarifier la vie et qu’il n’y a pas d’âge pour réfléchir aux cycles de la vie et de la mort, et quoi de mieux que de le faire collectivement pour élargir les perspectives, approfondir les connaissances et AGIR ensemble ! Parce que les enjeux sont personnels, oui, mais aussi collectifs et sociétaux – il est temps de reprendre le contrôle, voire le pouvoir, lorsqu’il s’agit de la fin de vie, de la mort et les rituels funéraires. Je me sens privilégiée et très reconnaissante de faire partie de ce groupe pétillant, qui sait mettre du FUN dans le Funéraire. MERCI !
Mon arrivée à la Coop’ Fun’ est d’abord liée à ma rencontre avec Joëlle et la découverte de l’Humusation. Pour moi, ce mode de sépulture reflète toutes les valeurs que porte la Coop’ Fun’ en militant pour des funérailles plus éthiques et écologiques.
Parler de la Mort, c’est surtout parler de la Vie : c’est repenser notre rapport au Vivant avec l’Humusation et les forêts cinéraires/sanctuaires, c’est s’intéresser aux rites funéraires des autres cultures, c’est réfléchir à comment poursuivre une approche respectueuse de l’environnement à ses propres obsèques, c’est découvrir de nouveaux métiers comme les Thanadoulas, c’est accepter de débattre sur des sujets clivants comme l’Aide Active à Mourir et les Soins Palliatifs, c’est participer à des cafés mortels !
Extrait du poème « Plaidoyer pour l’humus » (une adaptation d’un poème d’Aqui et D’ailleurs) lu dans « Funérailles écologiques » paru chez Terre Vivante :
« Quand le souffle de la vie aura quitté ma carcasse humaine,
Lorsque mes jambes ne pourront plus me porter sur les chemins de la vie,
J’aimerais qu’on m’enTerre, tout simplement,
Un trou dans le sol, dans un coin de forêt,
Ce sera amplement suffisant.
Je voudrais être nue comme à ma naissance.
Les vers qui mangeront mon cadavre nourriront les oiseaux.
Les minéraux de mes os ensemenceront l’Humus de toutes nouvelles possibilités de vie.
Quoi de plus naturel ? »
J’ai un âge auquel quand on a 20 ans on ne pense pas – n’espère pas, peut-être même espère ne pas… – arriver. Mais être vieux n’implique pas forcément qu’on s’intéresse à la mort. Et dans mon cas j’aurais presque envie de dire que ce qui m’a amenée à rejoindre l’association, c’est plutôt un intérêt pour la vie. Etty Hillesum le dit très bien (elle le disait dans de tout autres circonstances, juive en période nazi) : « l’éventualité de la mort est intégrée à ma vie ; car regarder la mort en face et l’accepter comme partie intégrante de la vie, c’est élargir cette vie1 ». Je me suis jusqu’à présent beaucoup occupée de linguistique, de yoga, d’oiseaux… Rejoindre le projet de Coopérative Funéraire me donne la possibilité de « mettre de la mort dans ma vie » au sein d’un collectif, et peut-être de contribuer à faire avancer les choses vers une mort meilleure, mais surtout vers une vie meilleure, dans l’acceptation de sa finitude.
1 Une vie bouleversée, Seuil 1985.
Qu’elle survienne brutalement ou pas, la confrontation à la disparition d’un proche fait surgir en nous à la fois une kyrielle d’émotions et de questions. Ces pertes nous ramènent au caractère inéluctable de notre propre finitude et nous invitent à bousculer nos habitudes, à définir nos priorités bref à « mettre plus de vie dans notre vie ». Objectif qui s’avère d’autant plus urgent que l’échéance de notre propre fin de vie se rapproche…
Mais pas simple de s’en dépatouiller toute seule tant, une fois qu’on a tiré un fil, on se rend compte de l’immensité et de la richesse du champ qui s’ouvre devant soi : philo, art, littérature, histoire, architecture une vie ne suffirait pas à épuiser le sujet.
C’est là que la Coop fun se révèle être une ressource unique.
Participer aux échanges, réfléchir ensemble, côtoyer un groupe qui arrive à traiter avec sérieux mais aussi humour un tel sujet est un vrai bonheur.
Merci à tou(s)tes pour la générosité, le partage, la bonne humeur.
C’est d’abord une rencontre coup de cœur, un collectif où je me suis sentie bien dès le début, qui m’apporte beaucoup de 🌟good vibes et où l’on travaille collectivement à repenser la question du funéraire comme un enjeu collectif et programmer des actions pour le transformer positivement et durablement.
« Sur ma tombe comme dans ma vie , il n’y aura pas de phrase grandiloquente. Sur la dalle de mon tombeau , on ne devra lire que 2 syllabes « ZWI-ZWI ». C’est le cri des mésanges charbonnières que j’imite si bien qu’elles accourent aussitôt. »
Rosa LUXEMBURG « Commencer à vivre humainement »
Accompagner la préparation des dernières volontés
Préparer son plan de fin de vie, ses dernières volontés, ses directives anticipées, ses funérailles.
S’informer sur ce qui est possible : Quels soins du corps, quel lieu de repos après le décès ? Quelle cérémonie ? Quel mode de sépulture ? Comment faire pour respecter l’environnement ? Et pour que ce soit beau, et que les proches soient impliqués ?
En réponse à ces besoins, nous proposons des ateliers (atelier des dernières volontés, Valise du Dernier Départ) qui donnent à voir l’horizon des possibles – y compris sur les plans technique et juridique – pour aider à faire des choix en accord avec les convictions, les passions, les goûts de la personne (soi-même lorsqu’on prépare ses propres funérailles). Cette démarche d’information se poursuit par l’accompagnement à la rédaction et à la transmission des dernières volontés.
« » » »
Notre démarche s’inspire du travail de Sarah Dumont, notamment son livre « Un enterrement comme je veux » ainsi que la plateforme happyend.life qu’elle a fondé en 2018.
nous contacter
Une question ? Une demande ?
Envie de nous rencontrer ou de nous rejoindre ?
Contactez-nous par mail via ce formulaire ou directement à l’adresse suivante :
contact@coopfun-occitane.org
adhésions et dons
Vous souhaitez nous soutenir en adhérant ou en faisant un don à l’association ? Rendez-vous sur notre page HelloAsso.
newsletter
Pour être informé.e de nos événements et nos actualités, abonnez-vous à notre lettre mensuelle !
Vers des funérailles éthiques et écologiques : faire évoluer la législation
Un objectif de la Coopérative Funéraire Occitane est de contribuer à l’émergence et à la légalisation de pratiques innovantes, en particulier :
– des solutions éco-responsables dans le funéraire, domaine actuellement peu vertueux : marbre importé de très loin pour les monuments, béton pour les caveaux, formaldéhyde et autres produits pour les soins de conservation, articles funéraires peu éco-responsables
– de nouveaux sites d’inhumation, telle les forêts cinéraires où sont déposées des urnes funéraires biodégradables, ou les forêts sanctuaires
– des modes de sépulture alternatifs, et en particulier l’humusation.
Des acteurs très divers partagent de plus en plus ces objectifs, et c’est aussi le travail de l’association d’encourager et de promouvoir ces « nouveaux métiers du funéraire ».
Faire entrer la vie dans les lieux de sépulture
Le cimetière, un lieu de vie
Le cimetière est-il condamné à être un lieu triste couleur de chagrin? Comment peut-il être d’un réel réconfort pour les proches et les familles?
Selon les périodes et selon les saisons, les ambiances y sont différentes : quid d’un beau cimetière où il ferait bon mourir?
Ainsi à Menton, ville que Michel Ragon décrit en 1981 comme une sorte de pré-ville mortuaire : les décès y dépassent de beaucoup les naissances. « On vient à Menton pour mourir au soleil » écrit Flaubert, qui s’émerveille et médite devant le cimetière du Vieux-Château :
Cimetière. Figure pâle du fossoyeur, homme maigre sous son bonnet de laine grise. Quel admirable cimetière en vue de cette mer éternellement jeune ! Pas de croix, pas un tombeau ! L’herbe est haute et verte ; à peine s’il y a des ondulations légères qui font ressembler les champs des morts à des champs de blés fauchés. Qu’y germe-t-il en effet ? L’âme y fermente-t-elle pour repousser dans un autre séjour en nouveaux parfums, tandis que sa vieille enveloppe pourrit ? II nous a montré le côté des hommes et le côté des femmes, il nous a nommé les tombes les plus fraîches, en se vantant de tout le mal qu’il a eu, de tout l’ouvrage qu’il a fait depuis plus de trente ans qu’il ensevelit les gens du pays. (Gustave Flaubert – Notes de voyage)
Des cimetières où on se promène
Les immenses cimetières sont des lieux de promenades populaires, ainsi celui de Terre-Cabade – 33 hectares en surplomb du centre-ville de Toulouse – d’où l’on a une vue magnifique sur la ville, avec des arbres majestueux dont certains sont classés arbres remarquables.

Autrefois, il y avait même dans les cimetières des petits kiosques-cafés comme dans les jardins publics. Aujourd’hui, ce sont davantage des musées et leurs gardiens sont d’ailleurs appelés « conservateurs ». Entre musée et lieu de déambulation et de convivialité, comment situer le cimetière? existe-t-il une voie médiane?
C’est cette voie qu’explorent les projets de cimetières paysagers, ou cimetières-jardins, comme le cimetière intercommunal du Val-de-Marne ou celui de Clamart
Le printemps des cimetières
Une opération nationale – le « printemps des cimetières » – donne rendez-vous au public chaque année autour d’une thématique. En 2024, la 10° édition du printemps des cimetières mettait les femmes à l’honneur. Il a pourtant été bien difficile à la guide de l’office du tourisme de présenter au cimetière de Terre-Cabade une tombe de femme, puisque les femmes n’existent, même au cimetière, qu’en fonction d’un homme – leur père, leur mari, leur compagnon…

Seule la tombe de Françoise (son nom de résistante ) occupe une vraie place au cimetière de Terre-Cabade.
Halte de recueillement à Terre Cabade
Les cimetières sont parfois des havres de fraîcheur et de verdure avec des sentiers non tracés entre les tombes, presque sans discipline, qui favorisent la promenade méditative comme au cimetière patrimonial de Terre-Cabade à Toulouse.
En partenariat avec le Pole Funéraire Public, la Coopfun a installé une halte de recueillement poétique et méditative inspirée des forêts sanctuaires d’Allemagne. Dans un emplacement intime mais proche de l’entrée principale, on peut s’asseoir, aidé d’une fiche de conseils, d’éléments naturels (escargots, coquillages) et d’une poésie.
Y sont également organisées des veillées mémorielles plusieurs fois / an en présence d’artistes (lectures poétiques) et de musicien.nes (goguettes).

Crématorium, columbarium, ossuaire et dépositoire
Cimetières et écologie
Le mouvement de désartificialisation des sols pour adapter l’urbanisme au changement climatique concerne aussi les surfaces utilisées pour les cimetières qui ont une fonction vitale pour la ville et les écosystèmes.
Des photos prises lors d’immersions nocture au cimetière de Terre Cabade, et qui on fait l’objet d’une exposition au Muséum de Toulouse, donnent une idée de la riche diversité qui peuple nos cimetières. Un article disponible sur le site Forêt Sanctuaire décrit des initiatives en France et en Allemagne visant à permettre aux personnes d’être « Ecolo, même après son dernier souffle« .
